| XVIe siècle | Biblioteca Estense Universitaria, Modena, Est.136 = U.6.7 | ||
|
Le Livre de prières de Nikolaus Glockendon |
|||
|
Le livre de dévotion d'Albert de Brandebourg
L'harmonie dans l'art du livre
Peu de manuscrits peints du Moyen Age tardif rayonnent d'une telle harmonie que Le Livre de prières de Nikolaus Glockendon de 1534 rédigé en langue allemande.
Le maître des miniatures magnifiques, Nikolaus Glockendon, fut le plus célèbre descendant d'une famille d'artistes nurembergeois. Il dédia son œuvre au Cardinal Albert de Brandebourg, l'un des princes de l'Eglise les plus éminents de la Réformation.
Une histoire aventurière
L'histoire du livre de dévotion après la mort d'Albert de Brandebourg n'est pas connue. Seules quelques inscriptions du manuscrit permettent de la reconstruire.
Une inscription datant du XVIIIe siècle révèle qu'à l'époque, le manuscrit se trouva entre les mains d'un certain comte Csobor, d'une famille hongroise très noble. Un membre de sa famille participa à la Guerre de Trente Ans, il l'emporta probablement comme butin de guerre.
Dernier rejeton de cette maison, le conte répartit mal ses biens et dut se séparer de bien des œuvres d'art par manque de moyens dont Le Livre de prières de Nikolaus Glockendon.
L'œuvre parvint ensuite, par l'intermédiaire d'un antiquaire viennois, au Marchese Tommaso Obizzi del Cataio, également le dernier descendant de son lignage; ainsi sa collection, dont notre œuvre, passa en 1803 par voie de succession à la Casa d'Este.
Nikolaus Glockendon, dernier grand maître de l'enluminure allemande
Nikolaus Glockendon fut le descendant le plus renommé et le plus doué d'une famille d'artistes active à Nuremberg depuis le milieu du XVe siècle. Il fut influencé surtout par les grands maîtres allemands de son temps, tels que Dürer, Schongauer ou Cranach qui marquèrent le trait de plume et la coloration de ses œuvres.
C'est Albrecht Dürer qui, au début du XVIe siècle, attira l'attention d'Albert de Brandebourg sur le jeune Glockendon. Mais bien d'autre princes estimèrent les qualités de notre maître dont le duc Jean de Saxe ou le duc Albert de Prusse.
L'environnement artistique dans lequel Glockendon put réaliser le dernier chef-d'œuvre de l'enluminure allemande était favorable, voire même idéal: à l'aube des temps modernes, Nuremberg jouissait d'une réputation sans faille. Cette réputation était due à son essor économique d'une part, aux arts et aux sciences d'autre part qui étaient alors en pleine expansion.
La commande d'un prince de l'Eglise
A 23 ans seulement, Albert de Brandebourg devint archevêque de Magdebourg et administrateur de l'évêché d'Halberstadt. Un an plus tard, il assuma les fonctions d'archevêque de Mayence et en 1518, celles de cardinal; ce fut une carrière très soudaine, même pour un membre d'une famille aussi importante que la sienne. Une telle carrière coûtait cher. Ainsi, Albert se fit accorder le monopole du trafic des indulgences allemand par le pape Léon X. Les conséquences de la querelle des indulgences sont connues, elle culmina dans l'affichage des 95 thèses sur les portes de l'église de Wittenberg par Martin Luther.
Néanmoins, théologue de renom, Albert de Brandebourg s'entoura des grands personnages de l'Humanisme allemand dont son ami Erasme, pour n'en citer qu'un exemple proéminent. Amateur d'art, il décora ses résidences des œuvres les plus prestigieuses des maîtres allemands. Contrairement aux convictions qui l'animèrent plus tard, il compta jusqu'en 1537/1538 parmi les princes de l'Eglise qui s'efforcèrent de jouer un rôle intermédiaire entre les parties impliquées dans la querelle confessionnelle.
Illustrations et réflexions à propos de la vie de Jésus
Facile à aborder même pour le lecteur d'aujourd'hui, le texte est orné de 42 miniatures de Nikolaus Glockendon au sujet de la vie de Jésus, colorées de façon harmonieuse, et décoré des armoiries somptueuses de archevêque de Mayence. Les scènes tirées de l'Ancien Testament, allusion aux événements bibliques du Nouveau Testament, sont insérées dans un cadre. Les scènes bibliques se détachent sur un fond de monde moyenâgeux très concret.
A ces images, Glockendon ajoute une gravure sur cuivre créée en 1523 par son ami Albrecht Dürer. Mais la qualité du manuscrit ne se révèle pas seulement dans les illustrations, mais aussi dans les 62 initiales de luxe, décoration somptueuse exécutée par l'enlumineur Georg Stierlein, un collaborateur de Glockendon.
L'édition en fac-similé
Les 256 pages (128 feuilles numérotées) du manuscrit au format original de 21,5 x 16,5 cm et la gravure sur cuivre d'Albrecht Dürer ont été reproduites à l'identique. Les diverses espèces d'or appliquées par Nikolaus Glockendon et Georg Stierlein sont reproduites en complète fidélité à l'original, grâce à des techniques sophistiquées, parfois artisanales. Dorées mat sur tranches, les feuilles de format légèrement différent correspondent parfaitement à l'original. Le procédé de reliure des doubles feuilles individuelles est le résultat d'un travail minutieux artisanal selon la tradition ancienne. Ainsi, toutes les feuilles ainsi que la tranchefile sont cousues à la main.
La reliure est une réplique fidèle à l'original en vélin très fin et dotée de fermoirs exécutés à l'exemple des fermoirs originaux. L'édition strictement limitée à 999 exemplaires uniques au monde est publiée en coédition. L'édition réservée au marché germanophone des EDITIONS FACSIMILE LUCERNE, limitée à 420 exemplaires, est complétée d'un commentaire exclusif.
Le commentaire
Le commentaire scientifique vous familiarisera avec les secrets du manuscrit. L'éditeur est le professeur Dr. Eberhard König, Freie Universität Berlin. Autres contributions de: Ulrich Merkl, Regina Zemann et Dr. Ernesto Milano, Directeur de la Biblioteca Estense Universitaria de Modène.
Dossier de documentation La plaquette de documentation contient deux feuilles reproduites à l'identique en format original et une brochure d'information illustrée de 16 pages. Cette plaquette est livrée sur demande à titre d'examen.
|
|||
|
Home ¦ Impressum ¦ Privacy Policy ¦ Conditions générales de vente |
©
2009 Faksimile Verlag Luzern
|